»Eh bien! il faut que chaque fossé, chaque fondrière, chaque arbre abrite son patriote armé d’un fusil, prêt à tirer, à tuer ou être tué.

»Pour cette guerre d’embuscades et de buissons, nul besoin d’uniforme, d’artillerie, de charrois... Un fusil, de la poudre, des balles, et quelques livres de pain dans un bissac suffisent...

»C’est dans cet équipage que j’entre en campagne ce soir avec mon aîné, et notre cousin Fichet... Et si les Prussiens s’avancent, tant pis pour eux... Nous sommes chez nous, n’est ce pas!...

»Que deux millions, qu’un million seulement de patriotes, de ceux qui sont trop jeunes ou trop vieux pour l’armée nous imitent, et si un seul Prussien rentre chez lui raconter à son épouse ce qu’il a vu chez nous, je veux perdre le nom dont je signe:

»Salut et fraternité.

»SATURNIN VAROT.
»Patriote de Landrecies.»

D’unanimes applaudissements accueillirent cette lettre.

—Il a raison, criait-on de toutes parts, il a parfaitement raison.

Et même il fut voté que le citoyen Varot recevrait une lettre de félicitations et serait mis à l’ordre du jour.

Mais nul, assurément n’était aussi enthousiasmé que Fougeroux. De tous les moyens de défense proposés, aucun ne l’avait autant frappé et séduit.