A la vue de l’homme, ils se turent.
Lui, aussitôt, monta sur un des bancs de pierre placés à droite et à gauche de la porte, et d’une voix qui tonnait comme un bourdon de cathédrale:
—«Ce n’est pas vos chants, commença-t-il, qui chasseront les Prussiens... Que demandez-vous?»
Un seul et même cri lui répondit:
—Des armes!...
Il eut un geste si terrible qu’un frisson courut dans la foule, et avec une violence qui vous électrisait:
—«Et si j’en pouvais faire avec ma chair vous en auriez sur l’heure... La patrie n’en a pas... Que ceux qui en veulent, volent à la frontière... Là, chaque soldat qui meurt laisse échapper son arme... Qu’ils la ramassent et s’en servent pour venger sa mort.»
Ces paroles, vous les trouverez dans toutes les histoires, et c’est à cette occasion qu’il les prononça.
—Vive Danton!... cria la foule.
C’était lui, que je ne connaissais pas... Vivement je me détournai pour le voir encore, il était descendu de son banc et avait disparu.