Mais l’indignation de l’Assemblée nationale n’avait pas attendu pour éclater la découverte de ce document accusateur.

»Pour un soldat, pour un Français, n’était-ce pas déjà trahir que de s’avouer vaincu sans combat!...»

L’Assemblée publia cette brève proclamation:

«Citoyens, la place de Longwy vient d’être rendue ou livrée... Les Prussiens s’avancent... Peut-être se flattent-ils de trouver partout des incapables, des lâches ou bien des traîtres, ils se trompent... La patrie vous appelle, partez...»

Et voici le décret qu’elle rendait le même jour:

«Tout citoyen qui, dans une ville assiégée, parlera de se rendre, sera puni de mort...»

La France entière applaudit à ce décret, qui nous paraissait, à tous, inspiré par le génie même de la liberté.

De plus, l’Assemblée avait décidé:

Que la ville de Longwy serait rasée.

Que ses habitants seraient, pendant dix ans, privés de leurs droits civils...