La France entière connut le désastre dans toute son étendue, avec les circonstances capables de l’alléger ou de le rendre plus douloureux.

Ecrite par un homme du métier, cette relation avait de plus cet avantage de nous donner une idée exacte des opérations, des intentions et des espérances de nos ennemis.

Maître de la place de Longwy, au lieu de profiter de ce premier avantage pour se porter en avant, le duc de Brunswick avait perdu plusieurs jours dans le camp retranché qu’il avait établi autour de la place.

Pressé par son maître, le roi de Prusse et par les émigrés qui encombraient son quartier général, de poursuivre son mouvement offensif, de marcher immédiatement sur Mouzon ou sur Sedan, le duc de Brunswick avait résisté avec une invincible opiniâtreté.

Il lui fallait, disait-il, avant toutes choses, assurer ses communications entre Longwy et Luxembourg, rallier différents corps chargés de protéger sa marche, établir des magasins de vivres et de fourrages, et organiser des boulangeries et des équipages de ponts.

Quatre jours furent ainsi perdus pour le salut de la France.

Ce n’est que le 28 août que l’armée prussienne commença à s’ébranler. Elle coucha le soir à Longuyon et le lendemain à Etain et à Pillon.

Enfin, le 30, elle campa sur les hauteurs de Saint-Michel, situées à deux mille pas de Verdun et dominant entièrement la ville.

Les deux lignes prirent position entre Fleury et Grand Bras, pendant que les avant-postes s’étendaient jusqu’à Marville, Montmédy et Juvigny.

Le duc de Brunswick établit son quartier général à Regret et le roi de Prusse à Glorieux.