Malheureusement, les habitants de Verdun n’étaient rien moins que disposé à seconder l’héroïsme de la garnison.

Beaucoup appelaient de tous leurs vœux l’armée prussienne... Plusieurs avaient franchi les remparts sans courir au-devant d’elle... Et dès le premier jour la populace avait essayé de piller les magasins et de noyer les poudres aux cris de:

—Pas de siége!... Pas de siége!... Vivent les Prussiens!...

Le duc de Brunswick n’ignorait rien de ces dispositions.

Le 31 août, au moyen d’un pont jeté sur la Meuse, il compléta l’investissement de la place, et le roi de Prusse la fit sommer de se rendre.

—Se rendre est un mot qui n’est pas français, répondit Beaurepaire en congédiant les parlementaires.

Peu de moments après, sur les six heures du soir, le bombardement commençait.

Il dura jusqu’à une heure du matin et reprit le lendemain de trois heures jusqu’à sept.

Était-ce un bombardement véritable ou un simulacre? On pouvait douter, tant les coups étaient mal dirigés... C’est à peine si le feu prit à cinq ou six maisons.

Et cependant, les bourgeois s’assemblèrent, comme à Longwy, réclamant la capitulation, disant qu’ils ne souffriraient pas qu’on les ensevelit, eux et leurs familles, sous les ruines de leur cité.