De même qu’à Longwy, le conseil de défense se réunit, délibère et déclare qu’une plus longue résistance n’amènerait qu’une inutile effusion de sang.

En vain Beaurepaire et ses officiers s’opposent de toutes leurs forces à cette détermination...

Vainement Marceau insiste sur la nécessité de se défendre, en indique les moyens et répond du succès...

Une seconde sommation menaçant d’un assaut immédiat redouble les terreurs des lâches et exalte l’audace des traîtres, le conseil décide qu’il va capituler.

Frémissant d’indignation, Beaurepaire, une fois encore, essaie de ramener à la voix de l’honneur ces Français indignes, c’est à peine s’ils daignent l’écouter.

Alors, lui, les écrasant du regard:

—«Messieurs, dit-il, j’ai juré de mourir plutôt que de me rendre... survivez à votre ignominie, puisque vous en avez le courage... Moi je meurs...»

Et il se brûle la cervelle...

Eh bien! mes amis, ce trait d’héroïsme qui valut à Beaurepaire les honneurs du Panthéon, un nom immortel et l’admiration passionnée de la France, n’émut pas les bourgeois du conseil de défense...

Ils osèrent enjamber ce cadavre pour porter au roi de Prusse les clés de Verdun.