Le chef de bataillon Lemoine avait bien eu le temps de se jeter dans la citadelle avec quelques soldats de Maine-et-Loire, mais ils manquaient de pain, d’eau et de poudre... Force leur fut de capituler...

Et le lendemain, quand le roi de Prusse entra dans Verdun, vingt jeunes filles vêtues de blanc s’avancèrent au-devant de lui, jonchant le sol de fleurs effeuillées, sous le sabot de son cheval...

Cependant le lieutenant-colonel de Noyon, à qui revenait après la mort de Beaurepaire le commandement en chef, sut obtenir pour ses soldats des conditions honorables.

La garnison sortit avec tous les honneurs de la guerre, tambours battants, enseignes déployées, emportant ses armes et ses bagages, traînant deux pièces de quatre avec leurs caissons, et un fourgon qui renfermait le corps de l’héroïque Beaurepaire.

Debout devant une des portes, à l’avancée, entouré de son état-major, le roi de Prusse regardait défiler ces fiers soldats, lorsqu’il remarqua un chef de bataillon qui marchait à pied, vêtu d’un uniforme déchiré, sans manteau, sans armes...

Il s’informe, et apprenant que cet officier a perdu ses bagages, qu’on lui a tout pillé, il s’approche et lui demande:

—Que voulez-vous qu’on vous rende?

Mais l’autre, le regardant avec des yeux enflammés, dit simplement:

—Mon sabre.

Cet officier c’était Marceau.