»Pourquoi vos retranchements ne sont-ils pas avancés?...

»Où sont les bêches et les pioches qui ont pour notre grande solennité d’il y a deux ans, bouleversé le Champ-de-Mars?

»Vous avez montré pour les fêtes une grande ardeur... En auriez-vous donc moins pour les combats?...

»Vous avez célébré, acclamé, chanté la liberté... Il faut maintenant la défendre...

»Ce n’est plus des statues qu’il s’agit de renverser, mais un monarque de chair et d’os, le roi de Prusse, armé de toute sa puissance...

»Je demande donc que l’Assemblée nationale donne le premier exemple et envoie douze commissaires, non pour faire des exhortations, mais pour travailler eux-mêmes, et piocher de leurs mains à la face de tous les citoyens...»

Des applaudissements frénétiques saluent les dernières paroles de Vergniaud.

Sa proposition est votée d’enthousiasme, et un autre orateur lui succède à la tribune: Danton.

D’une voix brève et saccadée il rend compte des mesures de salut prises par la Commune, puis, avec ce geste impérieux qui imposait aux foules ses terribles volontés:

»Une partie du peuple, poursuit-il, va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements et la troisième, avec des piques, défendra l’intérieur de nos villes.