Partout du canon, des munitions, des armes, des soldats... Au Champ-de-Mars, des bataillons de volontaires s’exerçaient à la manœuvre et au maniement du fusil. Dans la plaine des Sablons, on organisait un régiment de cavalerie avec les chevaux de luxe mis en réquisition...
Le travail était prodigieux, l’activité dévorante...
La nuit, de tous côtés, on apercevait des comme des lueurs d’incendie... C’était le reflet des forges où nuit et jour on forgeait des armes.
Les églises avaient été transformées en ateliers, où des milliers de femmes travaillaient incessamment à préparer des tentes, des habits, des sacs, des effets d’équipement.
Puis, chacun, pour ainsi dire, s’était fait recruteur, prêchant la guerre sainte. Et de porte en porte, des vieillards s’en allaient, offrant aux jeunes quelque vieil uniforme, un sabre, un fusil, des cartouches...
C’est qu’ils voulaient, dans la mesure de leurs forces, parfois au delà, servir la patrie menacée, ceux qui ne pouvaient lui donner leur sang.
Les dons patriotiques affluèrent dans des proportions qui vous paraîtraient à peine croyables.
Deux hommes, à eux seuls, montèrent, armèrent et équipèrent trois escadrons de cavalerie.
Un fabricant de tissus, Lemoine, donna toute sa fortune, huit cent mille livres environ, ne réservant qu’une rente de deux cents louis, non pour lui, mais, «pour sa femme âgée et infirme.»
Gerson, un propriétaire de la Bourgogne, mit ses vignes aux enchères, pour «le prix en être versé dans les caisses de la nation,» et il se trouva un financier pour les acheter le double de leur valeur.