L’Assemblée nationale fut obligée de renfermer et de faire garder à vue les typographes qui imprimaient le compte-rendu de ses séances.

Il fallut décréter que tels ouvriers, les serruriers, par exemple, resteraient à Paris, où ils servaient mieux la nation en forgeant des armes qu’en courant à la frontière.

Alors, véritablement, du sol de la patrie souillé par les pas de l’ennemi, surgissent des armées.

La France s’ébranla pour marcher tout entière au-devant des Prussiens, résolue à les vaincre, ne fût-ce que par le nombre, sûre de les écraser sous sa masse, fût-ce au prix de torrents de sang et de milliers de cadavres...

Mais l’immense sacrifice accepté froidement d’avance, devait être inutile.

Dans les rangs de cette armée, qui était le peuple même, marchaient encore inconnus les héros dont l’occasion allait révéler le génie.

Pour conduire à la victoire de la liberté ces légions de volontaires, partis au chant de la Marseillaise, Dieu leur devait et leur donna de ces capitaines dont un seul, en d’autres temps eût suffi pour illustrer un pays...

Il leur donna Kellerman, Macdonald, Masséna, Desaix, Hoche, Marceau, Davoust, Ney, Bernadotte, Jourdan, Augereau, Moncey, Joubert, Victor, Lefebvre, Kléber, Oudinot, Mortier, toute cette foule enfin de glorieux soldats qui enseignaient d’exemple à vaincre ou à mourir.

Je vois votre surprise, mes amis...

Vous vous demandez comment nous pouvions craindre avec de si prodigieuses ressources, comment nous doutions de la victoire, nous sentant appuyés sur tout un peuple debout...