«Les habitants des bourgs, villes et villages, qui oseraient se défendre contre les troupes de S. M. le roi de Prusse, et tirer sur elles, soit en rase campagne, soit par les fenêtres ou les portes de leurs maisons, seront punis sur le champ suivant la rigueur du droit de la guerre, et leurs maisons démolies et brûlées.»
Sierck le premier village français où parurent les uhlans, fut le premier théâtre de leurs sanglants exploits, et apprit à mesurer la distance qui sépare l’hypocrisie des chefs de la cruauté de ses soldats.
A Sierck, un bataillon de volontaires de Seine-et-Oise avait été placé en observation, avec ordre de se replier sur Thionville dès que paraîtrait l’ennemi.
Les malheureux se gardaient mal, jugeant peut-être la prudence au-dessous de leur courage, ou plutôt ignorant cet art merveilleux qu’ont les cavaliers prussiens d’apparaître là où ils savent qu’ils ne trouveront pas de résistance...
Les volontaires étaient en train de préparer leur soupe, quand tout à coup ils se virent assaillis, entourés, cernés...
Se défendre... impossible. Ils n’avaient même pas leurs armes à la portée de la main. Ils se rendirent...
Mais qu’importaient aux uhlans les lois sacrées des peuples civilisés, qui déclarent inviolable l’ennemi désarmé?...
Parmi ces prisonniers qu’ils viennent de faire, ils choisissent les deux principaux, le capitaine et un lieutenant du bataillon de Seine-et-Oise, et à trente qu’ils sont, ils s’acharnent sur ces deux hommes, et à coups de sabre et de crosse de pistolets, il les tuent...
Ce fut le signal du massacre... Puis, le meurtre ne suffisant plus à leur férocité, ils y joignent l’insulte. Ils dépouillent le cadavre de deux volontaires et, après les avoir coiffés d’un bonnet rouge, il les accrochent à un arbre à l’entrée du village.
Le râle d’agonie de ces malheureux arriva-t-il jusqu’aux oreilles de sa magnanime majesté Frédéric-Guillaume II?...