Non, assurément... Et d’ailleurs que lui eût importé!...
La fortune souriait à ses glorieuses armes, ses traîtres et ses espions venaient de lui livrer Longwy...
Il y triompha, mais il se plaignit d’une victoire trop facile... Il ne voulait pas trop de résistance, mais il en voulait un peu, sinon pour lui du moins pour l’Europe qui avait les yeux sur son armée.
De là, cette résolution, qui fut prise et exécutée, de jeter quelques bombes dans Verdun. On en jeta trois cents... Bombes perdues, en vérité, puisque là encore, la trahison attendait, le doigt sur le loquet de la porte...
Nouveau triomphe du roi de Prusse, orné cette fois de jeunes filles effeuillant des roses sous ses pas.
Pauvres jeunes filles, hélas! Pauvres vierges de Verdun!... Elles devaient bien peu après payer de leur vie ce crime qui était celui de leurs parents.
Verdun pris, le roi de Prusse l’occupa quelques jours... Il y régna, il y administra comme dans une de ses villes, comme à Berlin. Il nomma un gouverneur, un maire, des juges... tous prussiens.
Même, cela fit ouvrir aux émigrés de grands yeux surpris... Peut-être comprirent-ils que si jamais ce monarque si désintéressé venait à conquérir la France, il serait bien difficile de lui arracher ce qu’il aurait conquis.
Ils réclamèrent... Le roi leur fit dire qu’il n’avait pas le temps d’entendre leurs remontrances, qu’il les écouterait à Paris.
Si quelque chose troublait sa joie, ce n’était assurément pas cela. C’était la mort héroïque de Beaurepaire, se brûlant la cervelle plutôt que de capituler, c’était le regard brûlant de Marceau, répondant à ses prévenances royales: «rendez-moi mon sabre.»