On dit qu’il fit venir le chef de son armée d’espions et de traîtres, et qu’il lui demanda:

—Y a-t-il, en France, beaucoup d’hommes comme ces deux-là?...

L’espion dut répondre: «Non, sire.»

L’événement prouva que si.

Fort des intelligences qu’ils avaient dans Thionville, le roi et le duc de Brunswick se flattaient que cette place, qui leur avait fermé ses portes, ne résisterait pas longtemps.

Ce fut leur première déception.

Longwy et Verdun avaient capitulé. Thionville tenait toujours. Bien plus, à une sommation nouvelle, les assiégés répondirent en plantant sur leurs remparts un cheval de bois qui avait une botte de foin liée autour du cou.

Au-dessous, ils avaient écrit: «Quand ce cheval mangera ce foin, Thionville se rendra.»

Cependant cette déconvenue ne dérangeait nullement le plan du duc de Brunswick, qui avait résolu de négliger les places fortes, de les tourner et de marcher droit sur Paris, comme un boulet de canon.

Une division de troupes Autrichiennes fut chargée de bloquer Thionville...