Chef d’avant-garde, il aurait mené une armée au bout du monde.

Le matin, il était tout dévoué à la nation, et le soir tout attaché au roi. Il ne concevait rien à la Révolution. Il confondait tous les objets et tous les partis, et ne cessait de se plaindre d’être entouré de factieux.

Il se levait avant le jour, montait à cheval sans autre but que de se montrer aux soldats, rentrait fort tard, dînait mal, bourrait tout le monde, signait des lettres qu’il ne lisait pas et se couchait à neuf heures.

Enfin, pour achever de le peindre, il se croyait le plus grand capitaine de son temps, depuis la mort de Frédéric-le-Grand, soigneusement entretenu dans cette persuasion, par son chef d’état-major Berthier, le futur major-général de l’empire, le futur prince de Neufchâtel.

Allait-il donc falloir confier à ce soudard étranger les destinées de la patrie menacée?...

Ah! c’eût été une impiété!... Jamais aux heures du péril suprême, n’a fait défaut à la France un de ses fils pour la sauver...

Dumouriez fut nommé général en chef.

Gardez dans votre mémoire, mes amis, le nom de Dumouriez...

D’aucuns vous diront que l’homme qui l’a fait illustre ne fut pas exempt de reproches.

S’ils ont tort ou raison, nous n’avons pas le droit de le rechercher...