Il reçut une gratification de cent écus, qu’il distribua dans son escadron.
Mais sa destinée, en un moment de caprice, allait lui ménager pour l’avenir une revanche bizarre. Elle allait le rapprocher du duc de Brunswick.
C’était la veille du combat de Closterkamp, la veille de ce combat immortalisé par le dévouement sublime de d’Assas, jetant à ses soldats cet avertissement suprême qui devait lui coûter la vie: «A moi, Auvergne!... Voilà les ennemis.»
Dumouriez, qui était d’ordonnance auprès du comte de Thiars, fut envoyé par ce général porter un ordre à l’aile gauche de l’armée...
Il venait à peine de dépasser nos colonnes, quand il est assailli par une vingtaine de hussards ennemis.
Il se défend, il met deux hussards hors de combat, mais son cheval tombe mort sous lui, et cela si malheureusement, que son pied se trouve pris dans l’étrier.
Il dégage sa jambe, mais il se trouve retenu par le pied et soutient, dans cette position, un combat de quatre à cinq minutes contre des furieux.
Cependant, il parvient à se blottir entre une haie et le cadavre de son cheval, et blesse encore trois hommes.
Les hussards, alors, s’éloignent de la portée de son sabre, l’entourent et lui tirent presque à bout portant des coups de carabine et de pistolet, dont un lui emporte le doigt du milieu de la main droite et le désarme; un autre l’atteint au bras, un autre à la cuisse, et tous les autres enfin lui brûlent les sourcils, les paupières et les cheveux, et lui criblent le visage de grains de poudre...
Il allait succomber, évidemment, lorsqu’un officier supérieur ennemi, qui survint, le baron Behr, lui sauva la vie, commanda qu’on le porta à son propre bivouac et lui fit faire un premier pansement.