Et il allait réussir, quand le ministre Choiseul fut disgracié.

La politique fut changée... Dumouriez reçut l’ordre de rentrer en France et revint à Paris, Gros-Jean comme devant, pleurant ses desseins avortés, mais point découragé...

C’était le temps où s’étendait au-dessus de l’Europe le filet d’intrigues le plus inextricable qui fut jamais...

Comment aurait-on laissé inactif un homme tel que Dumouriez.

Il n’avait pas débouclé ses malles qu’il fut envoyé en Suède, toujours en qualité d’agent secret, pour on ne sait trop quelle louche négociation.

L’aventure, cette fois, tourna mal pour lui... Forcés de le renier, ceux qui l’employaient le firent arrêter à Hambourg où il levait des troupes, et jeter à la Bastille.

Il y resta six mois, bien traité, mais fort fracassé par des juges qui eussent été ravis de lui arracher son secret. Il se défendit si vertement que l’un d’eux disait: «Ma foi! si c’est un poulet qu’on a cru nous donner-là, il est diantrement coriace!...»

Sa fermeté lui porta bonheur.

Relâché, il obtint enfin un poste plus digne de lui et au grand jour. Il fut nommé commandant de Cherbourg, chargé de présider à la fondation de ce grand port militaire dont il avait le premier conçu la pensée.

Promu au grade de maréchal de camp au tour d’ancienneté, en 1788, il fut, en 1791, attaché à la 12e division militaire, qui englobait la Vendée, dont il prévit dès lors, ses lettres en font foi, le soulèvement.