Mais la tâche qu’il s’était imposée était au-dessus de la puissance humaine...

Il avait espéré concilier les intérêts de la Révolution et ce que Louis XVI appelait ses droits: folies!... Il échoua.

Le 14 juin 1792, le ministère dont il faisait partie fut disloqué, trois ministres durent se retirer.

Dumouriez prit alors le ministère de la guerre mais juste un mois plus tard, le 14 juillet, il se vit lui-même obligé de donner sa démission.

On a essayé de flétrir Dumouriez de bien des accusations diverses; on n’a jamais du moins suspecté sa probité.

Cet officier de fortune, comme on disait alors, cet agent à peine reconnu des plus troubles intrigues politiques, cet homme qui mena la vie d’un chevalier d’aventures était désintéressé et méprisait l’argent.

Ses ennemis, lorsqu’il abandonna le pouvoir, essayèrent bien de l’attaquer de ce côté, mais il leur répondit si victorieusement, que l’attaque tourna à leur confusion et à sa gloire.

Il résumait exactement sa situation, lorsque d’un ton moitié plaisant et moitié attristé il disait à son ami Berneron:

—Je me suis enrichi, au ministère, d’un fonds inépuisable d’ennemis.

Comment en eût-il été autrement.