Il garda son sang-froid lorsque tout le monde perdait la tête, il prétendit demeurer modéré quand toutes les passions étaient déchaînées.
Arrivé au ministère par l’influence des Girondins, le ministère le brouilla mortellement avec les Girondins.
Simple lieutenant-général, il était au mieux avec les Jacobins... Devenu ministre, il amassa sur sa tête toutes les colères, toutes les rancunes des Jacobins...
Si encore l’armée lui fût restée!... mais pendant qu’il avait eu le portefeuille de la guerre, il avait poursuivi cette chimère de rendre à chacun la justice qui lui était due, et n’avait réussi qu’à se faire autant d’ennemis qu’il y avait d’officiers généraux et de maréchaux...
Il fallait vivre, cependant... force lui fut de reprendre son grade de lieutenant-général dont les appointements lui donnaient du pain.
Après mûres réflexions, il se décida à reprendre du service sous les ordres du maréchal Luckner qui venait d’évacuer Courtrai et Menin et se repliait sur Valenciennes.
C’est donc à Valenciennes que Dumouriez rejoignit l’armée.
Il fut très mal reçu par le vieux maréchal, et plus mal encore, s’il est possible, par les officiers d’état-major.
Il y avait eu des paris qu’il n’oserait pas joindre cette armée; d’aucuns même avaient gagé qu’il n’y serait pas reçu.
Berthier, chef d’état-major, ne mit pas à l’ordre son arrivée, quoique par droit d’ancienneté, il dut prendre aussitôt le commandement de la gauche.