On ne lui envoya ni le mot d’ordre, ni ordonnances, ni garde d’honneur, et il resta quelques jours à Valenciennes comme un simple particulier.

Comme il n’y avait ni ennemis en présence, ni plan de campagne, ni même un ordre de bataille dans cette armée, encore moins de discipline et d’esprit militaire, il patienta quelques jours sans faire ni plaintes ni représentations, examinant le désordre de cette armée et l’incapacité de son chef...

Puis, au bout d’une semaine, il força le maréchal à lui accorder une audience, pensant le déterminer à abandonner le camp où il avait concentré son armée, et qui était détestable...

Mais Luckner s’emportant, lui répondit en jurant qu’il n’avait de conseils à recevoir de personne et qu’il était résolu à envoyer dans une citadelle le premier officier qui raisonnerait, cet officier eût-il été ministre des affaires étrangères ou de la guerre.

Ce fameux camp de Famars, enlevé plus tard par les Autrichiens, était cependant aussi mauvais que possible.

Le voisinage de Valenciennes tenait les troupes dans un état intolérable d’indiscipline et de débauche.

Officiers, soldats, généraux étaient nuit et jour à la ville.

Ce camp avait en arrière l’Escaut, qu’on n’aurait pu, en cas de malheur, passer que sur trois points, dont deux, à la moindre affaire, devaient infailliblement tomber aux mains de l’ennemi.

En avant coulait, il est vrai une petite rivière, la Rouelle, mais elle était guéable presque partout, et le terrain s’élevant sur les deux rives en amphithéâtre, donnait un feu égal à l’artillerie.

Tous ces inconvénients préoccupaient tellement Dumouriez, qu’à tous risques, il força une seconde fois la porte du maréchal, résolu à le contraindre de se rendre à l’évidence.