Le bataillon se défendit avec le plus grand courage, mais accablé par le nombre, il fut à la fin forcé de se replier sur Saint-Amand, laissant un de ses canons aux mains de l’ennemi.
Un capitaine, nommé Thory, se couvrit de gloire en cette affaire, et c’est à sa bravoure et à son sang-froid que les débris du bataillon durent leur salut.
C’est le soir, au camp de Famars, que Dumouriez apprit cette attaque.
Il se mit en route sur-le-champ, avec tout ce que Luckner lui avait laissé de troupes, et le lendemain, à la pointe du jour, il arrivait à Saint-Amand.
Déjà, d’après ses ordres, Beurnonville avait ramassé toutes les troupes du camp de Maulde et s’avançait à marches forcées pour couper la retraite à l’ennemi...
D’un autre côte, le commandant de Douai, le général Marassé, arrivait avec huit cents hommes de sa garnison...
Les Autrichiens se seraient trouvés cernés, s’ils ne s’étaient hâtés de se replier pendant la nuit, et de regagner leurs cantonnements...
Mais cette attaque devait être une leçon pour Dumouriez.
Il comprit que laisser éparpillées les faibles forces qui lui avaient été laissées par Luckner, c’était les exposer à être écrasées en détail et sans nul profit pour la défense des frontières.
Il prit donc le parti,—sous sa responsabilité,—de les masser en un seul corps, capable d’une forte résistance, et pouvant même, en cas de revers, infliger des pertes sérieuses à l’ennemi.