Envoyé par Danton, Westermann venait apprendre à Dumouriez les premiers succès du duc de Brunswick et les trahisons de Longwy et de Verdun...

Il venait lui dire que l’heure était passée de la guerre offensive, que les Prussiens arrivaient au cœur de la France, qu’ils menaçaient Paris, qu’il fallait essayer de les anéantir à tout prix.

Balancer n’était pas possible.

Dumouriez répondit qu’il allait quitter le camp de Maulde et courir à Sedan prendre le commandement de l’armée que venait d’abandonner Lafayette.

Il passa donc la nuit à contremander les mouvements ordonnés et à dicter de nouvelles instructions, promettant,—ce que personne ne crut,—qu’il serait de retour dans six semaines, et qu’il ferait encore cette année l’expédition de la Belgique...

Il y eut comme une émeute au camp dès qu’on apprit qu’il allait s’éloigner.

Mais il sut calmer ses soldats, qui demandaient à grands cris à le suivre. Il leur expliqua l’utilité de leur présence à Maulde, et comment ils retarderaient et embarrasseraient sa marche.

Et enfin, au jour, il partit à franc étrier, avec Westermann, suivi d’un seul aide de camp, de la plus jeune des demoiselles Fernig et de Baptiste, son fidèle valet de Chambre.

En arrivant à Sedan, il trouva le mal beaucoup plus grand qu’on ne lui avait dépeint.

L’armée était partagée en deux corps: