Aussi leur trouva-t-il à toutes l’air singulièrement découragé. L’attitude de la cavalerie surtout était déplorable.

Passant devant une compagnie de grenadiers d’un régiment de ligne, Dumouriez en entendit un qui disait en le montrant:

—C’est pourtant ce chien-là qui a fait déclarer la guerre!...

C’était, en effet, un bruit qu’on avait fait courir pour le rendre odieux. Il le savait. Aussi s’arrêta-t-il et, toisant les grenadiers.

—Y a-t-il quelqu’un, demanda-t-il, assez lâche pour être fâché de la guerre?...

Croyez-vous gagner la liberté sans vous battre?...

Ce mot fit un très bon effet et ranima tout le monde.

Mais n’importe! la situation n’en était pas moins désespérée.

L’armée était sans généraux, sans officiers supérieurs, divisée par les factions et près de se révolter.

Les soldats, ne connaissant pas leur nouveau général, se défiaient d’autant plus de lui qu’il n’avait jamais eu de grand commandement et passait pour être un homme de plume bien plus qu’un homme d’épée.