Lui-même ne connaissait ni un des régiments ni un des officiers de cette armée.
Il n’avait pour le seconder ni officiers généraux ni état-major.
Jamais il n’avait étudié le pays qu’il était chargé de défendre.
De quelque côté qu’il se tournât, il n’apercevait que terreur, défiances ou mauvaise volonté.
Le sort de Longwy et de Verdun lui disait combien peu il devait compter sur la résistance des places fortes.
Sedan, d’ailleurs, n’était pas dans le cas de tenir huit jours, et Mézières n’était pas en meilleur état.
Enfin, il n’avait en tout et pour tout que vingt-trois mille hommes démoralisés, à opposer à cent mille soldats, les meilleurs de l’Europe, conduits par un général illustre.
Et cependant, il se voyait contraint d’abandonner les montagnes, où il eût pu tenir et rendre inutile l’immense cavalerie de l’ennemi, pour courir les vastes plaines de la Champagne d’abord, et ensuite tout le pays ouvert qui s’étend entre la Marne et la Seine.
Et quel secours avait-il à attendre?... Aucun.
L’armée qu’il venait de quitter était trop éloignée pour lui tendre la main... L’armée réunie sous Metz avait assez à faire de protéger cette place, que par une inconcevable incurie on avait négligé de mettre en état de soutenir un siége.