Restait Paris... Mais que pouvait lui envoyer Paris?...
Des bataillons de volontaires, levés à la hâte, brûlant de patriotisme sans doute, mais indisciplinés, sans officiers, sans cohésion, brûlant de combattre mais ne sachant pas tirer un coup de fusil...
A cette situation véritablement sinistre de nos armées et de la France, Dumouriez sut opposer la plus indomptable fermeté.
S’il désespéra, à un moment où tout le monde était si près de désespérer du salut de la patrie, il n’en laissa rien voir.
Officiers et soldats reprirent confiance en voyant l’assurance imperturbable et même la gaieté de leur général, de l’homme qui avait accepté l’effrayante responsabilité de la défense nationale.
Les seuls confidents de ses patriotiques angoisses furent les membres de l’Assemblée nationale envoyés en mission près de lui.
A eux il laissa voir combien chétives étaient nos ressources, immenses celles des Prussiens, combien faibles par conséquent étaient nos chances de succès.
Battre Brunswick et ses cent mille soldats ivres de leurs faciles victoires, il ne l’espérait pas, il l’avoua... Il ne songeait qu’à retarder leur marche, qu’à les arrêter...
Mais les arrêter un mois, quinze jours seulement, c’était vaincre.
Les immobiliser, c’était laisser à la France le temps d’organiser une seconde armée qui couvrirait Paris, et sur laquelle, en cas de défaite, la première se rallierait.