Sa largeur est très inégale.
Dans certaines parties, elle est de trois et quatre lieues, elle n’est que d’une demi-lieue dans certaines autres.
Elle sépare la riche et fertile province des Trois-Evêchés de la Champagne-Pouilleuse, le plus affreux pays qui soit en France, dont le terrain est une glaise tenace, où on ne trouve ni eaux, ni arbres, ni pâturages...
A peine, de loin en loin y rencontre-t-on quelque pauvre village, dont les habitants ont bien du mal à arracher à leur sol ingrat leur chétive subsistance.
Coupée par des montagnes, des rivières, des marais, la forêt de l’Argonne ne présente d’accessibles à la marche d’une armée que cinq passages: le Chêne-Populeux, la Croix-au-Bois, le Grand-Pré, la Chalade et les Islettes.
Le premier de ces défilés va de Sedan à Rethel; le second de Briquenay à Vouziers; le troisième de Stenay à Reims; le quatrième de Varennes à Sainte-Menehould...; le dernier, enfin, est la grand’route de Verdun à Paris...
Voilà les cinq passades qu’il s’agissait d’occuper et de disputer aux Prussiens.
Dumouriez décida que le général Dillon occuperait avec cinq mille hommes la position des Islettes et enverrait un fort détachement pour garder la Chalade.
Il confia la garde de la Croix-aux-Bois à un corps détaché sous les ordres du général Chazot.
Lui-même se réservait le poste de Grand-Pré.