Quant au défilé du Chêne-Populeux, force était à Dumouriez de le laisser momentanément ouvert, faute de troupes suffisantes.

Mais il attendait des renforts.

Le général Duval devait lui amener quatre mille hommes.

Beurnouville avait ordre de faire avancer à marches forcées les troupes excellentes du camp de Maulde.

Enfin, la ville de Reims se tenait prête à envoyer au premier signal quatre pièces de canon et dix-huit cents hommes parfaitement équipés et armés...

Le plan était hardi, mais d’une exécution extraordinairement difficile.

Que fallait-il pour donner l’éveil aux Prussiens? Une indiscrétion, le rapport d’un de ces espions dont ils avaient inondé le pays, un faux mouvement de l’armée française.

Prévenus, ils se seraient empressés de s’emparer des passages où on comptait les arrêter, et c’en eût été fait de nous.

Mais c’est ici que Dumouriez se surpassa lui-même et qu’il fut admirable de coup-d’œil, de précision, de promptitude et d’audace.

De Sedan, où il se trouvait, à Grand-Pré qu’il voulait occuper, on compte douze ou vingt lieues selon qu’on prend en avant ou en arrière de la forêt de l’Argonne.