S’il prenait la première route, il indiquait clairement ses projets aux Prussiens.

Il risquait, en choisissant la seconde, d’être attaqué dans sa marche et de perdre ses équipages et son artillerie.

Après mûres réflexions, il s’arrêta à un troisième parti plus audacieux et qui lui réussit.

Il pensa que si l’ennemi restait immobile sur la rive gauche de la Meuse, c’est qu’il n’avait là qu’un faible corps d’observation, lequel, à la moindre démonstration de l’armée française, s’empresserait, pour un combat, de repasser la rivière.

Sur cette conviction, il arrêta tous ses mouvements.

Il existe au delà de la Meuse, et derrière Stenay, une position excellente, nommée le camp de Brouenne.

Dumouriez ne douta pas que l’ennemi ne s’emparât de ce camp dès que lui-même s’avancerait.

C’est pourquoi il partagea son armée en trois corps.

Son avant-garde eut l’ordre d’aller attaquer Stenay et de le masquer.

Il conduisit lui-même son corps de bataille, composé de douze mille hommes, sans bagages, soutenant son avant-garde.