Et pendant ce temps, le général Chazot, avec cinq mille hommes, escortait les équipages de l’armée et le gros de l’artillerie, par Tannay et les Armoises...
Vous dire que les lieutenants de Dumouriez étaient satisfaits, ce serait, par exemple, vous mentir grossièrement.
Plusieurs, moins intelligents que Thouvenot, ne comprenaient rien au plan qu’on exécutait: les autres étaient indignés qu’on l’eût arrêté sans les consulter.
Dillon obéissait, fidèle à la parole qu’il avait donnée; mais n’ayant point juré de ne pas se plaindre, il se plaignait, et si haut que très souvent les officiers inférieurs et même les soldats l’entendaient.
—Ce b... là, disait-il, nous conduit droit dans la gueule du loup... Nous serons jolis garçons, quand il nous aura enfournés dans les défilés de l’Argonne...
Le langage des autres généraux n’était guère plus convenable.
Même, ils finirent par se montrer si bien entre eux, qu’un beau matin, en plein mouvement, ils s’en allèrent à cinq ou six demander une audience à Dumouriez.
Lui donna ordre de les introduire sur le champ et le plus éloquent d’entre eux se mit à exposer ses griefs et ceux des autres.
Ce fut long, et cependant Dumouriez les laissa aller jusqu’au bout. Mais lorsqu’ils eurent achevé:
—«Mes camarades, leur dit-il, ceci, a l’air d’un conseil de guerre et on ne doit point en en assembler sans que j’en donne l’ordre. Quand je vous demanderai vos avis, à chacun en particulier, votre devoir est de me dire ce que vous croirez le plus utile. Je suis seul responsable, et je sais ce que j’ai à faire... Retournez donc chacun à votre poste, et ne vous occupez que de me bien seconder.»