C’est alors qu’il écrivit à l’Assemblée nationale la lettre demeurée célèbre:
—Maintenant j’attends les Prussiens... Je suis aux Thermopyles et, plus heureux que Léonidas, je n’y périrai pas!...
Alors, mes amis, de même que leur chef, les soldats espéraient.
La foi, de son radieux flambeau, illuminait leurs routes.
Ils avaient la foi.
Qui eût désespéré de la patrie, eût paru lâche, eût paru traître.
De tous ces volontaires, arrachés la veille à leur charrue ou à leur comptoir, il n’en était pas un qui n’eût fait le sacrifice de sa vie.
Et quand on ne craint plus la mort, on est invincible.
Le soir, réunis autour des feux du bivouac, sans souci de la pluie qui tombait, du jeûne de la journée, des privations du lendemain, ils se disaient entre eux.
«—Qu’ils viennent, les Prussiens, ils verront combien en France nous sommes durs à mourir!»