A minuit, Dumouriez partit du château de Grandpré, où il avait établi son quartier-général et monta au camp, qu’il trouva encore tendu.
Les chemins entre le château et le camp étaient si mauvais, la nuit était si noire, que les ordonnances envoyées en avant s’étaient perdues.
Dumouriez se gardant bien de faire battre le tambour, fit passer de bouche en bouche l’ordre de lever les tentes et de plier bagages, et moins d’une heure plus tard, sur les deux heures de la nuit, l’armée se mettait en marche en silence.
Dumouriez gagna d’abord les hauteurs d’Autry et donna ses ordres pour qu’on s’y rangeât en bataille.
A huit heures, les dernières troupes passèrent les ponts de Senucque et de Grandcham et prirent position.
Grâce à une manœuvre d’une audace et d’une adressé inouïe, Dumouriez venait de sauver son armée, et de la replacer dans une position à attendre la bataille.
Rassuré, il écrivit à Danton:
«J’ai été forcé d’abandonner le camp de Grand-Pré... La retraite s’est faite avec un bonheur que je n’osais pas espérer... Je réponds de tout...»
Il avait raison d’en répondre:
Le 20 septembre, date à jamais mémorable de notre histoire, sur les trois heures du matin, l’armée prussienne s’ébranla pour attaquer la petite armée française, qu’elle apercevait audacieusement postée sur la hauteur du moulin de Valmy.