J’écoutai... Le bruit se renouvela et les vitres de ma chambre tremblèrent... Il n’y avait pas à s’y méprendre, c’était une salve d’artillerie.
Palpitant, la sueur au front, je me jetai à bas de mon lit, je me vêtis en un tour de main et d’un bond je fus dans la boutique.
Elle était pleine de voisins, qui causaient avec une animation extraordinaire, mêlés à nos ouvriers dont le travail venait de finir.
—Qu’est-ce, m’écriai-je, qu’y a-t-il?
Fougeroux s’avança vers moi, et, d’un accent où vibrait son patriotisme:
—Il y a, répondit-il, que M. Véto a été obligé de céder... On promulgue aujourd’hui le décret qui proclame la patrie en danger.
Fou que j’étais!... Tout entier à l’obsédant souvenir de Marie-Thérèse, j’avais oublié!...
Furieux contre moi-même, j’allais m’élancer dehors, quand l’honnête Fougeroux me barra le passage.
—Attendez-moi, M. Justin, dit-il, je vous accompagne.
L’instant d’après, en effet, dès qu’il eut tout ordonné pour que la boulangerie ne souffrit pas de son absence, nous sortions ensemble.