Déjà, la rue Saint-Honoré était pleine de monde et des crieurs publics vendaient aux passants l’ordre et la marche de la cérémonie.

La Commune avait voulu que la promulgation fût faite avec une solennité austère, qui répondit à l’effrayante gravité des circonstances, et elle avait chargé Sergent du programme.

Artiste médiocre, Sergent était allé demander des inspirations à Danton, et il s’est surpassé.

On sentait un puissant souffle révolutionnaire dans l’ordonnance de cette solennité, et il n’était pas un détail qui ne fut admirablement choisi pour frapper les imaginations et exalter le patriotisme.

David, qui depuis a été l’ordonnateur de Robespierre, a fait plus grandiose, il n’a jamais fait mieux ni surtout plus juste.

Les canons du Pont-Neuf avaient annoncé la solennité par cette salve de trois coups qui m’avait éveillé.

Ils continuèrent à tirer d’heure en heure, toute la journée, jusqu’à sept heures du soir.

Des détonations profondes leur répondaient... C’était l’artillerie de l’Arsenal qui faisait écho.

Les six légions de la garde nationale de Paris avaient été convoquées à la place de Grève, et c’est là que nous les trouvâmes, Fougeroux et moi, attendant des ordres, l’arme au pied.

A huit heures précises, on les divisa en deux colonnes qui prirent chacune en même temps, une direction différente, pour porter dans tout Paris la proclamation.