Il était blême, de grosses larmes roulaient le long de ses joues, et c’est d’une voix à peine articulée qu’il balbutiait:

—Maintenant les Prussiens peuvent venir, la France les recevra!...

Mais ce n’était pas tout que d’exalter jusqu’au délire le sentiment national.

De tous côtés des amphithéâtres avaient été dressés pour recevoir les enrôlements.

Il y en avait à la Place Royale, au Parvis Notre-Dame, à l’Estrapade, place Maubert et au Carré Saint-Martin.

Chacun d’eux se composait d’une estrade grossièrement charpentée, recouverte d’une tente pavoisée de banderolles et de drapeaux tricolores, ornée de couronnes et de branches de chêne. On y arrivait par un escalier de quatre à six marches.

Une large planche, posée sur des tambours servait de table.

Trois officiers municipaux et six notables recevaient les engagements, les enregistraient et délivraient à chaque volontaire un certificat d’inscription.

Une triple rangée de gardes nationaux isolaient l’amphithéâtre et en défendaient l’accès.

Et, certes, c’était une sage mesure que d’entourer ainsi les estrades.