Il se présentait des vieillards, qui brandissaient des armes entre leurs mains débiles, jurant que la vue de l’ennemi leur rendrait toute leur énergie, qu’ils étaient encore assez robustes pour combattre et qu’en tout cas ils sauraient mourir.
Les partants, eux, chantaient, quand le soir, les officiers municipaux les conduisaient à l’Hôtel-de-Ville. Ils criaient à la foule émue:
—Chantez donc avec nous!
Il y eut le premier jour près de cinq mille enrôlements... Il avait été impossible d’en inscrire davantage.
Et ce qui s’était fait à Paris, le même jour et à la même heure, se répéta dans toutes les communes de France.
Et partout où se fit entendre le cri de détresse de la patrie, un dévouement pareil répondit.
La Gironde déclara qu’elle n’enverrait pas, qu’elle marcherait tout entière sur le Rhin. A Arcis, sur une population de dix mille mâles, quatre mille s’enrôlèrent. A Argenteuil, tous les hommes partirent...
Voilà quelles nouvelles nous apportaient chaque matin les journaux, et ils ajoutaient qu’on n’avait plus qu’un embarras, celui du nombre...
Une lettre de mon père, que ses affaires avaient conduit à Vendôme, vint nous donner une idée exacte de l’enthousiasme des départements.
«Tout se soulève, nous écrivait-il, tout marche!...