—Oui. Je vous ai dit que par un testament dont j’ai la copie, Sauvresy me lègue toute sa fortune. Je tremble qu’il ne l’ait révoqué.

—Quelle idée!

—Ah! j’ai des raisons pour craindre. Est-ce que la présence au Valfeuillu de tous ces gens de loi ne trahit pas quelque machination perfide? Savez-vous que d’un trait de plume cet homme peut me ruiner. Savez-vous qu’il peut m’enlever ses millions et me réduire aux cinquante mille francs de ma dot!

—Mais il ne le fera pas, répondit-il, cherchant sottement à la rassurer, il vous aime...

—Qui vous le garantit? interrompit-elle brusquement. Je vous ai annoncé trois millions, c’est trois millions qu’il me faut, non pour moi, Hector, mais pour vous; je les veux, je les aurai. Mais comment savoir, comment savoir?...

L’indignation de Trémorel était grande. Voilà donc où l’avaient conduit ses atermoiements, l’étalage de ses convoitises d’argent. Elle se croyait le droit, maintenant, de disposer de lui sans se soucier de sa volonté, l’achetant en quelque sorte. Et ne pouvoir, n’oser rien dire!

—Il faut patienter, conseilla-t-il, attendre...

—Attendre quoi? reprit-elle avec violence, qu’il soit mort?

—Ne parlez pas ainsi, fit-il.

—Pourquoi donc?