—Il s’appelait Pigoreau, mon bon monsieur, mais il était surtout connu sous le nom d’Anténor, qu’il avait pris autrefois, comme étant plus en rapport avec son commerce.
—Habitait-il la maison depuis longtemps?
—Depuis huit ans.
—Où demeurait-il avant?
—Rue Richelieu, où il avait son magasin... car il avait été établi, il avait été coiffeur, et c’est dans cet état qu’il avait gagné sa fortune.
—Il passait donc pour riche?
—J’ai entendu dire à sa nièce qu’il ne se laisserait pas couper le cou pour un million.
A cet égard, la prévention devait être fixée, puisqu’on avait inventorié les papiers du pauvre vieux.
—Maintenant, poursuivit M. Méchinet, quel espèce d’homme était ce sieur Pigoreau, dit Anténor?
—Oh! la crème des hommes, cher bon monsieur, répondit la concierge... Il était bien tracassier, maniaque, grigou comme il n’est pas possible, mais il n’était pas fier... Et si drôle, avec cela!... On aurait passé ses nuits à l’écouter, quand il était en train... C’est qu’il en savait de ces histoires! Pensez donc, un ancien coiffeur, qui avait, comme il disait, frisé les plus belles femmes de Paris...