—Je suppose, répondit-elle d’une voix peu distincte, et avec un redoublement de larmes, je crois que mon mari, saisi d’épouvante et de stupeur, en se voyant accusé d’un si grand crime, a perdu la tête.
M. Méchinet hocha la tête.
—A la grande rigueur, prononça-t-il, on pourrait admettre un délire passager... mais ce matin, après toute une longue nuit de réflexions, M. Monistrol persiste dans ses premiers aveux.
Était-ce vrai? Mon digne voisin prenait-il cela sous son bonnet, ou bien, avant de venir me chercher, était-il allé prendre langue au dépôt?
Quoi qu’il en soit, la jeune femme parut près de s’évanouir, et cachant sa tête entre ses mains, elle murmura:
—Seigneur Dieu!... Mon pauvre mari est devenu fou.
Ce n’était pas là, il s’en faut, mon opinion.
Persuadé, désormais, que j’assistais à une comédie et que le grand désespoir de cette jeune femme n’était que mensonge, je me demandais si, pour certaines raisons qui m’échappaient, elle n’avait pas déterminé le parti terrible pris par son mari, et si, lui innocent, elle ne connaissait pas le vrai coupable.
Mais M. Méchinet n’avait pas l’air d’un homme qui en cherche si long.
Après avoir adressé à la jeune femme quelques consolations trop banales pour l’engager en quoi que ce soit, il en était venu à lui donner à entendre qu’elle dissiperait bien des préventions en se prêtant de bonne grâce à une minutieuse perquisition de son domicile.