D’un regard prompt et exercé, mon digne voisin avait examiné la cave. Elle était misérablement tenue et plus misérablement montée. Dans un coin était debout un petit tonneau de bière, et juste en face, assujettie sur des bûches, se trouvait une barrique de vin, munie d’une cannelle de bois pour tirer à même. A droite, sur des tringles de fer, étaient rangées une cinquantaine de bouteilles pleines.

Ces bouteilles, M. Méchinet ne les perdait pas de vue, et il trouva l’occasion de les déranger une à une.

Et ce que je vis, il le remarqua: pas une d’elles n’était cachetée de cire verte.

Donc, le bouchon ramassé par moi, et qui avait servi à garantir la pointe de l’arme du meurtrier, ne sortait pas de la cave des Monistrol.

—Décidément, fit M. Méchinet, en affectant un certain désappointement, je ne trouve rien... nous pouvons remonter.

C’est ce que nous fîmes, mais non dans le même ordre qu’en descendant, car au retour je marchais le premier...

Ce fut donc moi qui ouvris la porte de l’arrière-boutique, et tout aussitôt le chien des époux Monistrol se précipita sur moi en aboyant avec tant de fureur que je me jetai en arrière.

—Diable! il est méchant votre chien! dit M. Méchinet à la jeune femme.

Déjà, d’un geste de la main elle l’avait écarté.

—Non, certes, il n’est pas méchant, fit-elle; seulement il est bon de garde... Nous sommes bijoutiers, plus exposés aux voleurs que les autres, nous l’avons dressé...