—Olivier, lui dit-il, je vais être forcé de te quitter pour longtemps, sans doute. Des motifs que tu connaîtras plus tard me commandent impérieusement cette séparation.

Je te laisse Cosimo, il me remplacera près de toi.

J'ai assuré ton existence et ton avenir; sans être riche, tu seras de beaucoup au-dessus du besoin.

Travaille, obéis à ta conscience, tâche d'être un homme.

—Non, jamais, jamais! s'écria Olivier en fondant en larmes, je ne veux plus, père, être séparé de toi.

—Il le faut, mon enfant, continua le marquis d'une voix grave et triste.

Je suis heureux de croire que tu te souviendras toujours de ton vieil ami. Autant que je le pourrai, je te donnerai de mes nouvelles; Cosimo prendra les mesures nécessaires pour me donner des tiennes.

Et maintenant, séparons-nous: cette maison, pour toi, ne serait pas sans danger. Cosimo a dû chercher pour vous un logement dans un autre quartier de la ville; occupez-le ce soir même.

Après bien des recommandations encore, qui prouvaient toute la tendresse, toute la sollicitude de M. de Florenzi pour son fils, l'heure des suprêmes adieux arriva.

Jamais Olivier n'oublia les dernières paroles du marquis; elles renfermaient l'énigme de sa vie.