—Mon enfant, lui avait-il dit, je ne suis pas ton père, bien que j'en aie la tendresse. Mais les gens qui t'ont confié à moi n'étaient pas tes parents, et ta famille leur était même inconnue.
Un jour, un étranger t'avait confié à eux et, depuis, n'avait pas reparu. Les braves gens t'élevaient par charité.
Le jour où notre réunion n'offrira plus de dangers, si mon affection ne te suffit pas, eh bien! nous chercherons ta famille et, à nous deux, nous trouverons.
Depuis ce jour, Olivier n'avait pas revu le marquis de Florenzi.
A de rares intervalles seulement, Cosimo remettait à son jeune maître quelque billet mystérieusement parvenu et l'engageait à y répondre.
Olivier obéissait et remettait ses lettres au vieux serviteur. Parvenaient-elles au marquis? c'est ce qu'il ne pouvait savoir.
Maintes fois il avait à cet égard accablé Cosimo de questions.
Il le conjurait de lui dire ce qu'était devenu le marquis, le lieu de sa retraite, comment on recevait de ses nouvelles, comment on pouvait lui faire passer les réponses.
A ces sollicitations diverses, presque désespérées, Cosimo restait muet ou ne répondait que ces seuls mots:
—Je ne puis dire.