—Monsieur, lui cria Cosimo, monsieur...
Il ne répondit pas; le fidèle serviteur s'élança sur les traces de son jeune maître; mais l'âge avait alourdi ses pas; arrivé à la porte de la rue, il ne vit plus personne. Après avoir marché vainement dans les rues environnantes, il remonta tristement.
—Je suis un mauvais gardien, se disait-il; comment oserai-je jamais reparaître devant M. le marquis? il m'avait confié un dépôt sacré, et je n'ai pas su veiller dessus.
Olivier, pendant ce temps, rôdait autour des portes de l'hôtel Hanyvel; il attendait la sortie de quelque laquais pour entrer en conversation avec lui.
Enfin, un valet parut sur la porte. Mais, au moment de s'adresser à cet homme, la résolution manqua au timide amoureux; il fit quelques pas vers lui, puis rebroussa chemin.
Cependant l'heure s'avançait; les portes et les fenêtres s'ouvraient; Paris s'éveillait; les rares marchands de ces rues aristocratiques ouvraient les volets de leurs boutiques, les laquais allaient et venaient.
Même on commençait à regarder curieusement ce jeune homme à la mine pâle et défaite, sans habit et sans chapeau, qui se tenait immobile, appuyé sur une borne de la porte d'un hôtel.
—Allons, assez de lâcheté comme cela! se dit Olivier, il faut agir.
Et résolument il s'avança vers un domestique chamarré d'or sur toutes les coutures, qui sortait de chez Hanyvel.
Il se trouva que la précipitation d'Olivier à descendre de chez lui le servait bien.