»Après quelques minutes d'attente, renouvelle la même expérience.

»Si, après un quart d'heure, le corps était toujours inerte, n'hésite pas à verser dans sa bouche le reste du contenu de la fiole.

»Ainsi, peut-être, tu me rendras la vie.

»Car c'est moi, Olivier, qui, las de ma prison, tente ce suprême et terrible moyen de recouvrer ma liberté.

»Un mot encore. En même temps que toi peut-être, prenant des précautions pour ne pas être vu, tu apercevras, au cimetière, un gentilhomme, grand et de noble figure.

»Si, les guichetiers funèbres partis, il court à la fosse, laisse-le faire, ne parais pas. S'il s'éloigne avec les guichetiers, agis alors, mais prends garde à lui, ce serait, dans ce dernier cas, mon plus mortel ennemi. Sois armé, et au besoin....

»Tu peux te fier à Cosimo, l'emmener même. Courage et espoir.»

Lorsque Olivier eut achevé la lecture de cette lettre étrange, il était plus pâle que le cadavre qu'il devait aller, le lendemain, arracher à la tombe.

Les dents de Cosimo claquèrent de terreur.

—Oh! monsieur, dit-il enfin, mes cheveux se dressent sur ma tête lorsque je songe aux terribles souffrances qu'a dû endurer mon pauvre maître avant d'arriver à cette idée effroyable.