Seuls les bruissements des feuilles ou le vol effarouché de quelque oiseau dans les branches troublaient le silence de ce désert.

Rien en cette solitude n'arrivait des bruissements de Paris, de ce tapage lourd et continu qui annonce au loin le voisinage de la capitale, semblable aux sourds mugissements des vagues lorsqu'on approche de la mer.

Les tombes y étaient peu nombreuses. A peine y apercevait-on, çà et là, quelque pierre moussue, à moitié cachée par le lierre et les ronces.

L'herbe drue, épaisse et forte, témoignait que depuis des années la terre n'y avait pas été retournée.

Le sol, enfin, n'avait pas ces ondulations qu'on remarque dans les cimetières, semblables aux sillons des champs de blé après la récolte, et qui annonce que la terre a eu sa moisson de cadavres.

Olivier et Cosimo allaient dans cette solitude, assourdissant le bruit de leurs pas.

Ils craignaient de troubler la morne tristesse de ce silence, et d'éveiller l'attention. Ils parlaient tout bas.

—Voyez donc le mur en cet endroit, monsieur, dit Cosimo.

—Oui, il est à peu près écroulé... l'accès de cette brèche est aussi facile que celui d'une porte.

—Certainement, c'est par là que nous passerons.