—Mais, reprit Olivier préoccupé, je ne vois pas ici de fosse béante; sans les deux ou trois pierres que je vois là-bas, je ne sais, vraiment, si je me croirais dans un cimetière.
—Chut, monsieur, murmura Cosimo, quelqu'un...
Olivier s'arrêta.
—Où? demanda-t-il.
—Là, un homme! Il creuse une fosse, nous n'avons plus besoin de chercher.
En cette partie de l'enclos, on avait abattu les arbres, l'herbe avait été arrachée, le terrain à peu près nivelé.
Les fossoyeurs avaient fait office de pionniers. Ils avaient défriché pour donner aux prisonniers les six pieds de terre qui reviennent à chacun de nous après la mort.
Le sol avait été fraîchement remué tout autour, l'herbe était rare. Des fosses à peine fermées apparaissaient à côté de la fosse qui s'ouvrait.
—Ne vous semble-t-il pas, monsieur, demanda Cosimo, que nous sommes un peu éloignés de l'endroit où nous allons avoir affaire tout à l'heure? Nous ne distinguons rien d'ici.
—Il faut nous rapprocher, dit Olivier, mais tâchons de ne pas appeler sur nous l'attention de cet homme.