—Autant que possible, il faut l'éviter; mais si par malheur un de nous, par un mouvement mal calculé, le fait regarder de notre côté, n'ayons plus l'air de nous cacher, nos allures mystérieuses l'inquiéteraient.
Nous feindrons d'aller prier sur la première venue de ces tombes.
—Ou plutôt, mon vieil ami, nous prierons réellement Dieu pour la réussite de notre tâche; hélas! ce que nous pouvons est bien peu de chose sans sa protection.
Ils se glissèrent alors entre les arbres, profitant des moindres replis du terrain, allant d'arbre en arbre, de buisson en buisson.
Ainsi ils réussirent à tourner la clairière et se trouvèrent à vingt pas, tout au plus, du fossoyeur.
Une touffe énorme de sureaux en fleur les abritait admirablement.
Ils s'assirent et déposèrent sous les feuilles leurs outils et les habits destinés au marquis. Puis, à tout hasard, ils préparèrent leurs armes.
—Maintenant, dit Olivier avec un soupir de soulagement, nous sommes prêts, attendons.
Le fossoyeur cependant continuait sa besogne, lentement, tranquillement, à son loisir, comme un homme qui a du temps devant lui. Il sifflait gaiement un refrain populaire.
De leur cachette, Olivier et Cosimo pouvaient suivre ses moindres mouvements.