Pour plus de facilité, il était descendu dans la fosse, qui pouvait avoir alors deux pieds de profondeur.
Entre chaque pelletée de terre, il marquait un instant de repos, par moment il se baissait: quelque caillou bizarre attirait-il son attention, il se baissait, le ramassait, l'examinait avec soin, puis le jetait au loin dans n'importe quelle direction.
Un de ces cailloux, assez gros, vint frapper une branche à une faible distance de la tête de Cosimo.
—Le butor a failli me blesser, grommela le vieux domestique.
—Il ne faut pas lui en vouloir de perdre son temps, murmura Olivier; à chaque pierre qu'il ramasse et qu'il lance, c'est deux pelletées de moins qu'il soulève; c'est autant de gagné pour nous.
L'homme, à ce moment, s'était relevé; appuyé sur sa bêche, il regardait quelque chose que les deux guetteurs ne pouvaient apercevoir.
—Les guichetiers arriveraient-ils déjà avec leur sinistre fardeau? demanda tout bas Cosimo.
—Non, dit Olivier, je vois, c'est le gentilhomme dont le marquis parle dans sa lettre, il se dirige du côté du fossoyeur.
—Je le vois aussi, dit Cosimo, mais je ne le connais pas, et cependant je n'ai oublié le visage d'aucun ami de mon maître.
—Et des ennemis?