Morte la bête, mort le venin...

Achève, Olivier.

—Lorsque Cosimo me rejoignit, il me trouva la main posée sur le cœur du cadavre vivant, qui recommençait à battre faiblement.

La bouche, entr'ouverte, semblait respirer. Cosimo s'opposa formellement à ma proposition d'y infiltrer les dernières gouttes de la liqueur qui restaient dans la fiole, pour se conformer à la prescription de la lettre, qui ne conseillait ce moyen qu'au cas où, au bout d'un quart d'heure, les six premières gouttes n'auraient produit aucun effet visible.

—Bien.

—La voiture marchait lentement, et la nuit était tombée quand elle s'arrêta devant notre maison, voisine de la place des Victoires.

—D'après mon calcul, je dois avoir dormi quarante heures d'un sommeil de plomb, après trente heures de léthargie.

—Ce calcul est exact... Vous sentez-vous de l'appétit?

—Oui, je mangerai volontiers, si Cosimo veut bien me le permettre.

Le repas terminé, Cosimo se mit en devoir de préparer le café avec un soin méthodique.