—Donnez, donnez! dit Sainte-Croix, donnez...

Il déroula le billet. Il n'y avait que ces mots:

«Notre belle amie a daigné se charger de remplir la coupe du festin. Il l'a vidée jusqu'à la dernière goutte, tout est bien. On espère bientôt revoir son cher prisonnier.»

—Malédiction! s'écria Sainte-Croix. Cet infâme Penautier a chargé la marquise d'empoisonner Hanyvel. Il avait peur, le lâche! Et elle, elle, c'est par amour pour moi qu'elle a consenti...

—Où est le malheur? demanda doucement Exili.

—Souiller la main de cet ange! flétrir d'un crime une âme aussi belle!

—Vous déraisonnez, mon ami; ne faut-il pas que la marquise s'exerce?... Vous aurez besoin de son aide le jour où vous vous attaquerez à M. Dreux d'Aubray et à ses fils.

—Soit! Nous voici quatre maintenant unis par le pacte terrible du sang.

Tu m'appartiens, Penautier, et ce billet que dans ta joie tu as eu l'imprudence de me faire parvenir, après avoir eu la folie de l'écrire de ta main, ce billet te livre à moi; tu m'appartiens, Penautier, et désormais ma volonté devra être la tienne, si tu ne veux pas que je te perde; car, par la mort de Dieu! je le ferais, fallût-il pour cela me perdre moi-même.

—Je croyais Penautier plus habile, dit Exili en hochant la tête. Écrire! pour un homme d'église la faute est impardonnable. Mais cet événement me décide. Maintenant, une fois hors d'ici, les ressources pour quitter la France ne nous manqueront pas.