Elle était, dès son enfance, experte en l'art de fauconnerie et s'entendait à dresser les émerillons. Nulle plus qu'elle n'était gracieuse et hardie, lorsqu'elle s'avançait sur sa blanche haquenée, «le faucon au poing,» suivie de quelqu'un de ces merveilleux lévriers dont la race est aujourd'hui perdue.
A seize ans, et lorsque grand était déjà le renom de sa beauté, Diane épousa le seigneur Louis de Brézé, comte de Maulevrier, grand sénéchal de Normandie, dont la mère était fille d'Agnès Sorel et de Charles VII.
Ainsi, les descendants de cette grande race des Brézé purent s'enorgueillir de compter dans leur famille deux des plus célèbres maîtresses des rois de France.
La présentation à la cour de la jeune et belle comtesse de Maulevrier, présentation qui eut lieu l'année même de son mariage, fit une grande sensation. Son nom, sa fortune, sa beauté lui donnèrent aussitôt un grand état, et l'admiration des hommes, non plus que l'envie des femmes, ne lui firent défaut. On l'appelait dès lors la grande sénéchale.
François Ier, que toutes les femmes tentaient, «ne fut point insensible aux charmes de la fière comtesse.» Diane, pas plus que les autres, ne sut résister au roi; un instant donc, elle fut sa maîtresse; mais son règne ne dura qu'un jour. Favorite sans influence, elle n'essaya même pas de lutter contre la comtesse de Chateaubriant, alors toute-puissante.
Les relations du roi et de Diane de Poitiers furent toujours si secrètes, que le comte de Maulevrier ne se douta jamais de rien et mourut sans avoir un seul instant soupçonné la fidélité de sa femme.
Diane affichait d'ailleurs une grande passion pour son mari. Trop habile pour se laisser prendre aux apparences, elle devina qu'elle ne dominerait jamais François Ier; elle savait son inconstance, et, pour une faveur passagère, elle ne voulut point compromettre la grande position que lui donnait le comte de Maulevrier.
On ne peut dire au juste ni l'origine, ni même la date des amours de François Ier pour la fière Diane de Poitiers; il convient cependant de les reporter aux premières années de l'apparition à la cour de la belle comtesse.
Mais il est une autre version, pleine d'horreurs, que racontent les chroniques, et que nombre d'historiens ont adoptée, un peu légèrement peut-être.
Selon ces chroniques, c'est au pied même de l'échafaud du père de Diane, le sire de Saint-Vallier, condamné à mort comme complice de la trahison du connétable de Bourbon, que commença ce roman d'amour; un abominable et honteux marché livra Diane de Poitiers au roi. Mais laissons parler les chroniques.