Ce mécompte pourtant ne le découragea pas; mais, après deux ou trois autres tentatives aussi infructueuses, il en dut prendre définitivement son parti, et trouva plus tard l'occasion de rendre un public hommage à l'héroïque résistance de la marquise de Guercheville, devenue madame de Liancourt. Il la nomma dame d'honneur de sa nouvelle épouse, Marie de Médicis.
—«Celle-là, dit-il, réhabilitera l'emploi; je connais son honneur, m'y étant frotté.»
Une jeune religieuse, Marie de Beauvilliers, se chargea de panser la blessure de son amour-propre.
Le roi assiégeait alors Paris. Aux heures d'ennui, il allait chercher quelques distractions au couvent de Montmartre, qui était devenu le lieu de rendez-vous de tous les galants de l'armée.
Le joli couvent que c'était là!
Les ribauds de l'armée royale avaient rimé des chansons sur madame l'abbesse et ses nonains. A Paris, les ligueurs hurlaient au scandale et se donnaient de la satire à coeur joie. Cajétan, le légat du pape, ce fougueux prélat qui organisait des processions armées et courait les carrefours en criant Guerra! Guerra! disait à M. de Mayenne, en faisant allusion aux passe-temps de Henri IV:
Con sempre estar en bordello
Ercole non se fato immortello!
S'adressant à une communauté religieuse et venant d'un prince de l'Eglise, le mot était piquant!
Marie de Beauvilliers, que la pauvreté, plutôt que la vocation, avait décidée à faire profession, saisit avec empressement l'occasion qui se présenta de jeter son béguin par-dessus les moulins de Montmartre. Henri IV, une belle nuit, la prit en croupe et la conduisit à Senlis; il lui avait juré amour éternel et lui promettait de la faire relever de ses voeux par le pape.
Ces huguenots ne doutaient de rien!